Vitamines D et E pour les femmes enceintes – Vitamin D and E among pregnant women

vitamin D E

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INTRODUCTION : Vitamine D chez les femmes enceintes

Cette revue examine si la supplémentation en vitamine D pendant la grossesse, seule ou combinée à d’autres nutriments (comme le calcium), a un effet sur la santé maternelle et néonatale. Les principaux résultats étudiés comprennent la prééclampsie, le diabète gestationnel, la naissance prématurée, le faible poids à la naissance et l’hémorragie postpartum. La revue évalue des essais randomisés et quasi-randomisés comparant la supplémentation à un placebo ou à l’absence de traitement.

 

La supplémentation des femmes enceintes en vitamine D seule réduit probablement le risque de prééclampsie, de diabète gestationnel, de faible poids à la naissance et pourrait également réduire le risque d’hémorragie post-partum sévère. Elle pourrait avoir peu ou pas d’effet sur le risque d’accouchement prématuré avant 37 semaines de gestation. La supplémentation en vitamine D combinée au calcium réduit probablement le risque de prééclampsie, mais pourrait augmenter le risque d’accouchement prématuré avant 37 semaines (ces résultats justifient des recherches supplémentaires).

 

Il existe deux formes physiologiquement actives de la vitamine D, appelées collectivement calciférol : la D2 et la D3. La vitamine D2 (également appelée ergocalciférol) est synthétisée par les plantes, tandis que la vitamine D3 (également appelée cholécalciférol) est produite sous la peau chez l’humain à partir du 7-déhydrocholestérol, suite à une exposition aux rayons ultraviolets B (UVB).

 

La vitamine D dans les suppléments se présente sous forme de vitamine D2 ou D3. Cette dernière pourrait être trois fois plus efficace que la vitamine D2 pour augmenter les concentrations sériques de vitamine D et maintenir ces niveaux plus longtemps, particulièrement durant les mois d’hiver. De plus, ses métabolites présentent une meilleure affinité pour les protéines liant la vitamine D dans le plasma (Armas 2004; Logan 2013; McCullough 2007). Étant donné que la vitamine D a une courte demi-vie, un apport adéquat est nécessaire pour assurer un niveau sanguin soutenu. Une hypercalcémie (taux de calcium sanguin ≥ 10,5 mg/dL) et une hypercalciurie (excrétion urinaire de calcium > 250 mg/jour chez les femmes) peuvent survenir, conditions associées à la formation de calculs rénaux et urinaires.

 

La toxicité chez les adultes survient généralement à des doses de vitamine D supérieures à 10 000 unités internationales (UI)/jour (soit 250 mcg/jour), bien que la majorité des données proviennent d’expositions à court terme (moins de six mois) (Hathcock 2007 ; Heaney 2008 ; IOM 2011 ; Vieth 1999).

RÉSUMÉ DES RÉSULTATS

  • Prééclampsie, diabète gestationnel, naissance prématurée, syndrome néphrotique : Les données probantes sont très incertaines ou de faible qualité; les résultats des essais sont incohérents ou imprécis.
  • Faible poids à la naissance (<2 500 g) : La supplémentation en vitamine D seule pourrait réduire ce risque, mais la certitude des données reste faible.
  • Hémorragie postpartum sévère : Un essai a suggéré une possible réduction du risque (RR ~0,68), mais les données sont très limitées et de faible qualité.
  • Vitamine D + calcium : Impact incertain sur la naissance prématurée et le faible poids à la naissance; les données disponibles sont très limitées.

 

CONCLUSION

Les suppléments administrés en dose unique contenant 7,5 mg (300 000 UI) ou plus pourraient également être nocifs (Roth 2011a). Il existe encore une controverse concernant les taux de 25-hydroxyvitamine D considérés comme adéquats ou optimaux pour la santé globale. L’Institute of Medicine des États-Unis a établi que des concentrations supérieures à 50 nmol/L (ou 20 ng/mL) sont adéquates, selon les données actuellement disponibles (IOM 2011). Toutefois, plusieurs chercheurs estiment que les niveaux optimaux devraient être plus élevés, soit plus de 75 nmol/L (ou 30 ng/mL) (Dawson-Hughes 2005 ; Hollick 2009).

Les données de haute qualité sont insuffisantes pour appuyer ou rejeter l’utilisation de la vitamine D en début de grossesse pour prévenir des complications comme la prééclampsie, le diabète gestationnel, la naissance prématurée ou le syndrome néphrotique. Certains résultats, comme la réduction du faible poids à la naissance et des hémorragies postpartum, semblent prometteurs, mais les données sont incohérentes et imprécises.

 

PENSÉES FINALES

Bien que la supplémentation en vitamine D pendant la grossesse soit biologiquement plausible et semble sécuritaire, les données actuelles ne permettent pas de formuler des recommandations définitives. Des essais plus vastes et mieux conçus sont nécessaires pour déterminer si la supplémentation — seule ou en combinaison avec du calcium — peut réellement améliorer la santé maternelle et infantile.

Note: Chez les femmes enceintes, quels sont les effets de la supplémentation en vitamine D ?

Reference Article :
https://www.cochranelibrary.com/cdsr/doi/10.1002/14651858.CD008873.pub4/full

 


 


INTRODUCTION : Vitamin D among pregnant women

This review examines whether supplementing with vitamin D during pregnancy, either alone or combined with other nutrients (e.g., calcium), affects maternal and neonatal outcomes. Key outcomes include pre-eclampsia, gestational diabetes, preterm birth, low birth weight, and postpartum hemorrhage. The review assessed randomized and quasi-randomized trials comparing supplementation to placebo or no treatment.

 

Supplementing pregnant women with vitamin D alone probably reduces the risk of pre‐eclampsia, gestational diabetes, low birthweight and may reduce the risk of severe postpartum hemorrhage. It may make little or no difference in the risk of having a preterm birth < 37 weeks’ gestation. Supplementing pregnant women with vitamin D and calcium probably reduces the risk of pre‐eclampsia but may increase the risk of preterm births < 37 weeks (these findings warrant further research).

 

There are two physiologically active forms of vitamin D collectively called calciferol: D2 and D3. Vitamin D2 (also called ergocalciferol) is synthesized by plants while vitamin D3 (also called cholecalciferol) is subcutaneously produced in humans from 7‐dehydrocholecalciferol upon exposure to ultraviolet light B (UVB) radiation).

 

Vitamin D in supplements is found as either vitamin D2 or D3. The latter may be three times more effective than vitamin D2 in raising serum concentrations of vitamin D and maintaining those levels for a longer time particularly during the winter months; also, its metabolites have superior affinity for vitamin D‐binding proteins in plasma (Armas 2004; Logan 2013; McCullough 2007). As vitamin D has a short half‐life, adequate vitamin D intake is necessary in order to ensure sustained circulating levels. Hypercalcaemia (calcium levels are 10.5 mg/dL or higher) and hypercalciuria (urinary excretion of calcium exceeds 250 mg/day in women), which is associated with renal and kidney stones.

 

Toxicity in adults usually appear at doses of vitamin D higher than 10,000 international units (IU)/day (250 mcg/day), although most of the evidence is based on short‐term exposures (less than six months) (Hathcock 2007; Heaney 2008; IOM 2011; Vieth 1999).

SUMMARY OF FINDINGS

  • Pre‑eclampsia, gestational diabetes, preterm birth, nephritic syndrome : Very uncertain or low-certainty evidence; trials offered inconsistent or imprecise results.
  • Low birth weight (<2 500 g) : Supplementation with vitamin D alone may reduce the risk, but evidence certainty remains low.
  • Severe postpartum hemorrhage : One trial suggested a possible reduction (RR ~0.68), but evidence is very limited and of low certainty
  • Vitamin D + calcium : Uncertain impact on preterm birth and low birth weight; again, evidence is very limited

 

CONCLUSION

There is insufficient high-quality evidence to support or refute vitamin D supplementation in early pregnancy for preventing complications like pre-eclampsia, gestational diabetes, preterm birth, or nephritic syndrome. Some maternal and neonatal outcomes may be improved, such as reduced low birth weight and postpartum hemorrhage, but the data are inconsistent and imprecise.

 

FINAL THOUGHTS

While vitamin D supplementation during pregnancy is biologically plausible and appears safe, current evidence does not allow for definitive recommendations. Larger, well-designed trials are needed to clarify whether supplementation—alone or paired with calcium—can meaningfully improve maternal and infant health outcomes.

Note: Among pregnant women, what are the effects of vitamin D supplementation?

Reference Article :
https://www.cochranelibrary.com/cdsr/doi/10.1002/14651858.CD008873.pub4/full

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INTRODUCTION : Vitamine E pendant la grossesse

Cette revue examine si la supplémentation en vitamine E pendant la grossesse, seule ou combinée à d’autres nutriments (comme la vitamine C ou d’autres agents), peut améliorer les résultats pour la mère et le bébé. Elle cherche notamment à savoir si cela réduit les risques de prééclampsie, de naissance prématurée, de faible poids à la naissance, de mortinaissance et de décès néonatal, ou si cela pourrait causer des effets indésirables. L’analyse repose sur 21 essais impliquant plus de 22 000 femmes.

 

Les données ne soutiennent pas l’utilisation systématique de la vitamine E en combinaison avec d’autres suppléments pour prévenir la mortinaissance, le décès néonatal, la naissance prématurée, la prééclampsie, la rupture prématurée des membranes (avant terme ou à terme) ou le retard de croissance fœtale. Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour clarifier le rôle possible de la vitamine E dans la prévention du décollement placentaire. Aucune preuve convaincante ne démontre que la supplémentation en vitamine E combinée à d’autres agents entraîne d’autres bienfaits ou effets nuisibles importants.

RÉSUMÉ DES RÉSULTATS

  • Résultats globaux (mortinaissance, décès néonatal, prééclampsie, naissance prématurée, retard de croissance intra-utérin) : Aucune amélioration significative observée avec la supplémentation en vitamine E (souvent combinée à d’autres agents), comparativement au placebo; données de certitude modérée à élevée.
  • Décollement placentaire : La supplémentation était associée à une réduction du risque, selon des données de haute qualité; cependant, il n’est pas clair si cet effet est attribuable à la vitamine E elle-même ou aux autres suppléments.
  • Effets indésirables : Une augmentation du risque de douleurs abdominales et de rupture prématurée des membranes à terme (RPM à terme) a été observée chez les femmes ayant reçu de la vitamine E avec d’autres agents. Aucun effet sur la RPM prématurée (avant terme) n’a été constaté.

 

CONCLUSION

Les données ne soutiennent pas l’utilisation systématique de la vitamine E pendant la grossesse, qu’elle soit administrée seule ou avec d’autres agents, pour prévenir la mortinaissance, le décès néonatal, la prééclampsie, la naissance prématurée ou le retard de croissance fœtale. La possible réduction du risque de décollement placentaire est intéressante, mais le lien de causalité reste incertain. Les risques potentiels — comme les douleurs abdominales et la RPM à terme — invitent à la prudence.

PENSÉES FINALES

Étant donné l’absence de bénéfices clairs sur les principaux résultats liés à la grossesse et la présence de certains effets indésirables, la vitamine E ne devrait pas être recommandée de manière systématique chez les femmes enceintes. Des recherches futures pourraient explorer si la vitamine E seule — sans autres suppléments — joue un rôle dans la prévention du décollement placentaire. D’ici là, son usage en clinique doit demeurer prudent et fondé sur les preuves disponibles. Note: Supplémentation en vitamine E pendant la grossesse.

Reference Article :
https://www.cochranelibrary.com/cdsr/doi/10.1002/14651858.CD008873.pub4/full

 


 


INTRODUCTION : Vitamin E supplementation in pregnancy

This review examines whether vitamin E supplementation during pregnancy, either alone or in combination with other nutrients (like vitamin C or additional agents), can improve maternal and neonatal outcomes. Key questions include whether it reduces risks of pre-eclampsia, preterm birth, low birth weight, stillbirth, and neonatal death, or whether it may cause harm. The analysis draws on 21 trials involving over 22,000 women.

 

The data do not support routine vitamin E supplementation in combination with other supplements for the prevention of stillbirth, neonatal death, preterm birth, pre‐eclampsia, preterm or term PROM or poor fetal growth. Further research is required to elucidate the possible role of vitamin E in the prevention of placental abruption. There was no convincing evidence that vitamin E supplementation in combination with other supplements results in other important benefits or harms.

SUMMARY OF FINDINGS

  • Overall outcomes (stillbirth, neonatal death, pre-eclampsia, preterm birth, intrauterine growth restriction): No significant benefit of vitamin E supplementation with other agents compared to placebo; moderate- to high-certainty evidence .
  • Placental abruption : Supplementation was associated with a reduced risk, based on high-quality evidence; however, it’s unclear if this effect is due to vitamin E or the additional agents
  • Adverse effects : There was an increased risk of abdominal pain and term prelabour rupture of membranes (PROM) among women receiving vitamin E with other supplements. No increase was seen in preterm PROM

 

CONCLUSION

The evidence does not support routine vitamin E supplementation during pregnancy, whether alone or combined with other agents, for improving outcomes such as stillbirth, neonatal death, pre‑eclampsia, preterm birth, or fetal growth restriction. The potential reduction in placental abruption is of interest, but causality remains unclear. Risks—like abdominal pain and term PROM—highlight the need for caution.

FINAL THOUGHTS

Given the lack of clear benefits for primary pregnancy outcomes and the potential for harm, vitamin E should not be routinely recommended for pregnant women. Future research might investigate whether vitamin E alone—without other supplements—plays any role in preventing placental abruption. Until more definitive evidence emerges, clinical use should be guided by caution.

Reference Article :
https://www.cochranelibrary.com/cdsr/doi/10.1002/14651858.CD008873.pub4/full