Oncomassothérapie et gestion musculaire avec Joël de Grandpré – Massage en période de cancer, un monde à découvrir


Voici un court audio de trois minutes de l’entrevue. Les reste est disponible en format texte ci-dessous.

Autres Ressources : 

 

Pour terminer, Joël aide Mark à rédiger un article afin de répondre à des questions de membres AQTN :

Massage et cancer en 2026 : Quelle est la position de l’AQTN ?

De plus en plus de massothérapeutes formés au Québec — souvent avec une formation de base d’environ 400 heures en massage suédois — se posent des questions lorsqu’un client atteint de cancer (actuel ou passé) prend rendez-vous, particulièrement en contexte de spa où le temps entre les clients est limité.

Voici les questions clés qui nous sont posées :

❓ 1. En 2016, dans les contre-indications au massage, on ne pouvait pas masser un client qui avait le cancer, sauf avec un avis médical ou une prescription d’un médecin. Est-ce toujours le cas ?

❓ 2. Sinon, on devait attendre deux ans après la rémission. Aujourd’hui, en 2026, il semblerait que les médecins ne donnent plus d’avis médical pour autoriser le massage. Quelle est la politique de l’association sur ce genre de situation avec le cancer ?

❓ 3. Peut-on masser sans avis médical pendant les traitements ?

❓ 4. Pouvons-nous masser tous les types de cancer ?

Contexte : une réalité qui a évolué

Il est vrai qu’il y a 10 à 15 ans, on enseignait souvent que :

  • Le cancer était une contre-indication quasi absolue.

  • Un avis médical était obligatoire.

  • Il fallait attendre deux ans après la rémission.

En 2026, la réalité est plus nuancée.

La massothérapie n’est pas une profession réglementée au Québec. Les médecins, eux, le sont. Plusieurs médecins hésitent maintenant à émettre des « autorisations » pour des pratiques qui ne relèvent pas d’un ordre professionnel reconnu. Cela ne signifie pas qu’ils sont contre la massothérapie — mais plutôt qu’ils doivent respecter leurs propres balises professionnelles.

Ainsi, le fait que les médecins donnent moins d’avis médicaux ne signifie pas que le massage est interdit.

La position de l’AQTN : prudence, compétence et jugement clinique

La réponse n’est ni un « oui » catégorique ni un « non » absolu.

Elle repose sur :

  • Le jugement professionnel du thérapeute

  • Sa compétence réelle

  • Sa capacité à évaluer la situation

  • Sa compréhension des contre-indications

  • Sa capacité d’adaptation

1️⃣ Cancer = contre-indication absolue ou locale ?

Il faut distinguer :

🔹 Contre-indications locales

Exemple :

  • Cancer de la peau → on évite la zone concernée.

  • Zone irradiée récente.

  • Site chirurgical.

  • Ganglions retirés (risque de lymphœdème).

Dans ces cas, on adapte.

🔹 Contre-indications absolues

Certaines situations peuvent nécessiter de s’abstenir :

  • Fièvre

  • Infection active

  • Fatigue extrême sévère

  • Thrombose

  • Complications médicales majeures

Ce n’est pas le mot « cancer » qui détermine l’interdiction.
C’est l’état clinique réel du client.

2️⃣ Peut-on masser pendant les traitements ?

Oui… mais avec grande prudence.

Une personne en traitement peut :

  • Être stable.

  • Être très fatiguée.

  • Être fragile au niveau immunitaire.

  • Avoir des effets secondaires importants.

La clé est l’évaluation à chaque séance.

Questions essentielles :

  • Comment sont vos niveaux d’énergie aujourd’hui ?

  • Comment vous sentez-vous aujourd’hui comparativement à votre état général ?

  • Avez-vous eu un traitement récemment ?

  • Avez-vous bien dormi ?

  • Y a-t-il eu des changements cette semaine ?

Chaque semaine peut être différente.

On ne refait pas nécessairement une anamnèse complète à chaque visite, mais on doit réévaluer l’état du jour.

3️⃣ Faut-il absolument un avis médical ?

Non, pas obligatoirement.

Mais :

✔ Si vous êtes incertain
✔ Si le cancer est avancé
✔ Si la situation est complexe
✔ Si le client semble fragile

→ Un avis médical peut être pertinent.

Cependant, un point crucial :

Un avis médical ne vous protège pas de votre responsabilité professionnelle.

Même avec une prescription, si vous causez un préjudice par manque de prudence, vous demeurez responsable.

L’avis médical ne remplace jamais votre jugement clinique.

4️⃣ Faut-il une formation en oncologie ?

De plus en plus d’écoles offrent des formations de 100 à 300 heures en oncomassage.

Important :

Ces formations n’enseignent généralement pas de nouvelles manœuvres révolutionnaires.

Elles enseignent :

  • L’adaptation

  • La compréhension des traitements

  • Les effets secondaires

  • Les contre-indications

  • La modulation de pression

  • L’écoute clinique

Un thérapeute expérimenté ayant massé des centaines de clients développera naturellement une grande capacité d’adaptation.

Cependant :

Si vous ne vous sentez pas confiant,
Si vous êtes nerveux,
Si vous avez peur de mal faire,

👉 Il vaut mieux référer.

Votre inconfort est un indicateur important.

5️⃣ Peut-on masser tous les types de cancer ?

Il n’existe pas une réponse uniforme.

Un cancer de la peau traité depuis 5 ans sans complication n’est pas comparable à :

  • Une leucémie active

  • Un cancer métastatique

  • Une chimiothérapie intensive

  • Une radiothérapie récente

Chaque type de cancer et chaque phase de la maladie crée un contexte différent.

On parle donc d’une approche cas par cas.

6️⃣ Les comorbidités : l’élément souvent oublié

La majorité des clients atteints de cancer ont :

  • Problèmes cardiaques

  • Diabète

  • Hypertension

  • Troubles circulatoires

  • Fragilité osseuse

  • Médication multiple

Le cancer n’est souvent qu’un élément parmi plusieurs.

Il faut évaluer l’ensemble.

7️⃣ La dimension émotionnelle

Le cancer apporte :

  • Peur

  • Incertitude

  • Anxiété

  • Crainte de récidive

  • Sentiment de perte de contrôle

Le massothérapeute doit être sensible à cette réalité.

Le massage devient parfois :

  • Un espace sécuritaire

  • Un moment de contrôle retrouvé

  • Un lieu d’écoute

Ne pas reconnaître la dimension émotionnelle peut limiter la qualité de l’intervention.

8️⃣ Et en contexte de spa ?

En spa, le défi est réel :

  • 10 à 15 minutes entre les clients

  • Peu de temps pour évaluer

  • Cadre plus commercial

Cela exige :

✔ Questions claires
✔ Évaluation rapide mais pertinente
✔ Documentation adéquate
✔ Adaptation immédiate

Si le contexte ne permet pas une évaluation adéquate,
il peut être plus prudent de référer.

9️⃣ Le mythe des deux ans après la rémission

Il n’existe pas de règle scientifique universelle imposant deux ans d’attente.

Cette règle était souvent enseignée par excès de prudence.

Aujourd’hui, on comprend que :

Ce n’est pas le nombre d’années qui compte,
mais l’état de la personne.

🔟 En résumé : peut-on masser un client atteint de cancer ?

La vraie réponse :

🟢 Parfois oui.
🔴 Parfois non.
🟡 Souvent, cela dépend.

Cela dépend :

  • De votre compétence

  • De votre expérience

  • De votre niveau de confort

  • De l’état du client

  • Des comorbidités

  • De la phase des traitements

  • De votre capacité d’adaptation

Conclusion officielle de l’AQTN sur le sujet :

L’AQTN reconnaît que :

  • Le cancer n’est pas automatiquement une contre-indication absolue (en fait il l’est presque jamais absolue).

  • L’avis médical n’est pas obligatoire.

  • Le thérapeute demeure responsable, redevable et imputable de ses actes.

  • La prudence et l’adaptation sont essentielles.

  • La formation complémentaire en oncomassothérapie est fortement recommandée pour toute personne souhaitant intervenir régulièrement auprès de personnes atteintes de cancer. En plus de fournir les connaissances nécessaires pour adapter le toucher thérapeutique de manière sécuritaire, elle contribue également à assurer la conformité de la pratique aux exigences professionnelles.

    Dans plusieurs cas, la couverture offerte par l’assureur en responsabilité professionnelle repose également sur les formations reconnues par l’association professionnelle. Celles-ci servent généralement de référence pour déterminer les types de soins pouvant être couverts par l’assurance responsabilité professionnelle (erreurs et omissions), dans le contexte de soins thérapeutiques encadrés par un code de déontologie et des standards de pratique.

  • Le référencement est une décision professionnelle valable et responsable.

En définitive, la question n’est pas :

« Suis-je autorisé ? »

Mais plutôt :

« Suis-je compétent et confortable pour intervenir dans cette situation précise avec le client dans son état actuel aujourd’hui ? »

C’est cette réflexion qui protège :

  • Le client

  • Le thérapeute

  • Et la profession

Si vous avez des questions spécifiques concernant un cas particulier, l’AQTN vous encourage à communiquer avec l’association afin d’obtenir un accompagnement adapté. De plus, l’AQTN propose à ses membres diverses publications, certaines qui datent de plus de 10 ans :

 

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Pour terminer cet article, afin de commencer immédiatement à en apprendre davantage, voici les ressources clés :

Autres Ressources :