

Voici un court audio de trois minutes de l’entrevue. Les reste est disponible en format texte ci-dessous.
Récapitulatif – Discussion le 3 mars 2026
La discussion portait sur les questions de pratique en oncologie massage, où Mark a posé des questions à Joël concernant les contra-indications, les approches thérapeutiques et la formation. Joël a expliqué que contrairement aux contre-indications absolues, il n’y a que très peu de contre-indications absolues totale pour masser les personnes atteintes de cancer, mais plutôt des contre-indications partielles qui nécessitent une adaptation des techniques selon la gravité de la maladie et l’état du patient. Il a souligné l’importance d’une approche cas par cas et de la nécessité d’avoir une bonne compréhension des pathologies et des traitements oncologiques pour pratiquer de manière sécuritaire. Joël a également discuté de sa formation d’introduction d’une journée qui permet aux massothérapeutes de mieux comprendre comment travailler avec cette clientèle, ainsi que de ses conférences pour proches aidants et de son blog hebdomadaire fournis des ressources éducatives sur l’oncologie massage.
Synthèse et Récapitulatif
Politiques de Massage en Oncologie
Mark a posé des questions sur les politiques de massage en oncologie, notamment concernant les contre-indications et l’autorisation médicale pour masser des patients atteints de cancer. Joël a expliqué que les formations de base comme le suédois ou le californien considèrent le cancer comme une pathologie dangereuse qui nécessite une formation spécifique, mais a souligné que l’avis médical n’est pas obligatoire et que la responsabilité finale incombe au massothérapeute. Joël a également mentionné l’importance des formations d’introduction en oncologie pour encourager plus de massothérapeutes à s’y engager, notant que Maurizio Perna (également membre AQTN) a également créé une formation d’introduction similaire.
Contra-indications Massage Thérapeutique Oncologique
Joël et Mark ont discuté des contre-indications pour le massage thérapeutique chez les personnes atteintes de cancer. Joël a expliqué qu’il n’y a très peu de contre-indications absolues, mais plutôt des contra-indications partielles qui nécessitent une adaptation selon l’état du patient et son parcours oncologique. Il a souligné que chaque situation doit être évaluée individuellement et que des réévaluations régulières sont nécessaires.
Évaluation énergétique des patients cancer
Mark a partagé son expérience en travaillant avec des personnes atteintes de cancer et a expliqué comment il a adapté son questionnaire pour évaluer leur niveau d’énergie générale et quotidien, ainsi que l’humeur générale et quotidien. Joël a approuvé ces questions et a noté que cela amène les personnes à utiliser un vocabulaire plus précis et compassionnel. La discussion a également porté sur les préoccupations émotionnelles des patients, notamment l’anxiété et la peur concernant les effets secondaires des traitements, de la possible récidive et de l’impact sur leur vie quotidienne.
Explications des cancers aux patients
Joël et Mark ont discuté de l’importance d’expliquer aux clients ce que c’est le cancer et ses répercussions, en créant un lien de confiance avec le client. Pour ce faire, il faut connaître le vocabulaire médical, qui contribue à démontrer le professionnalisme du massothérapeute.
Mark a partagé son expérience d’utilisation de Google pour trouver des informations lors des consultations, avec l’exemple concernant les cas de cancer du poumon chez les femmes qui n’avaient jamais fumé. Joël a souligné que le cancer n’est pas discriminatoire et que les patients ne méritent pas de l’avoir. La discussion s’est terminée sur la valeur ajoutée de prendre le temps nécessaire pour expliquer les effets secondaires de la maladie et des traitements du cancer aux patients.
Formation d’Oncomassage Joël
Joël a expliqué que son cours d’oncomassage ne propose pas de nouvelles techniques mais plutôt des adaptations d’approches existantes, en mettant l’accent sur la connaissance des maladies, le vocabulaire, la vulgarisation et des contra-indications. Il a mentionné qu’il offre des formations d’introduction d’une journée pour ceux qui souhaitent mieux comprendre le domaine sans s’engager dans une formation complète de 300 heures. Joël a également partagé qu’il donne des conférences pour proches aidants et professionnels de la santé, et qu’il maintient un blog hebdomadaire avec des articles ciblés sur les personnes atteintes de cancer, leurs proches aidants et la massothérapie générale.
Joël de Grandpré
Oncomassothérapie et gestion musculaire, Massage en période de cancer
2915 boulevard de la Pinière, Terrebonne, J6X 0K2 – 514-462-4295

Autres Ressources :
- Élever les standards en oncomassothérapie : https://youtu.be/NmgMml-b5v8
- Ateliers de formations et conférences : https://www.jdg-
massotherapie.com/formations/ - Calendrier des événements : https://www.jdg-
massotherapie.com/evenements/ - Blogue (personne atteinte, proche aidant et clientèle standard en massothérapie) : https://www.jdg-
massotherapie.com/blog/
Pour terminer, Joël aide Mark à rédiger un article afin de répondre à des questions de membres AQTN :
Massage et cancer en 2026 : Quelle est la position de l’AQTN ?
De plus en plus de massothérapeutes formés au Québec — souvent avec une formation de base d’environ 400 heures en massage suédois — se posent des questions lorsqu’un client atteint de cancer (actuel ou passé) prend rendez-vous, particulièrement en contexte de spa où le temps entre les clients est limité.
Voici les questions clés qui nous sont posées :
❓ 1. En 2016, dans les contre-indications au massage, on ne pouvait pas masser un client qui avait le cancer, sauf avec un avis médical ou une prescription d’un médecin. Est-ce toujours le cas ?
❓ 2. Sinon, on devait attendre deux ans après la rémission. Aujourd’hui, en 2026, il semblerait que les médecins ne donnent plus d’avis médical pour autoriser le massage. Quelle est la politique de l’association sur ce genre de situation avec le cancer ?
❓ 3. Peut-on masser sans avis médical pendant les traitements ?
❓ 4. Pouvons-nous masser tous les types de cancer ?
Contexte : une réalité qui a évolué
Il est vrai qu’il y a 10 à 15 ans, on enseignait souvent que :
-
Le cancer était une contre-indication quasi absolue.
-
Un avis médical était obligatoire.
-
Il fallait attendre deux ans après la rémission.
En 2026, la réalité est plus nuancée.
La massothérapie n’est pas une profession réglementée au Québec. Les médecins, eux, le sont. Plusieurs médecins hésitent maintenant à émettre des « autorisations » pour des pratiques qui ne relèvent pas d’un ordre professionnel reconnu. Cela ne signifie pas qu’ils sont contre la massothérapie — mais plutôt qu’ils doivent respecter leurs propres balises professionnelles.
Ainsi, le fait que les médecins donnent moins d’avis médicaux ne signifie pas que le massage est interdit.
La position de l’AQTN : prudence, compétence et jugement clinique
La réponse n’est ni un « oui » catégorique ni un « non » absolu.
Elle repose sur :
-
Le jugement professionnel du thérapeute
-
Sa compétence réelle
-
Sa capacité à évaluer la situation
-
Sa compréhension des contre-indications
-
Sa capacité d’adaptation
1️⃣ Cancer = contre-indication absolue ou locale ?
Il faut distinguer :
🔹 Contre-indications locales
Exemple :
-
Cancer de la peau → on évite la zone concernée.
-
Zone irradiée récente.
-
Site chirurgical.
-
Ganglions retirés (risque de lymphœdème).
Dans ces cas, on adapte.
🔹 Contre-indications absolues
Certaines situations peuvent nécessiter de s’abstenir :
-
Fièvre
-
Infection active
-
Fatigue extrême sévère
-
Thrombose
-
Complications médicales majeures
Ce n’est pas le mot « cancer » qui détermine l’interdiction.
C’est l’état clinique réel du client.
2️⃣ Peut-on masser pendant les traitements ?
Oui… mais avec grande prudence.
Une personne en traitement peut :
-
Être stable.
-
Être très fatiguée.
-
Être fragile au niveau immunitaire.
-
Avoir des effets secondaires importants.
La clé est l’évaluation à chaque séance.
Questions essentielles :
-
Comment sont vos niveaux d’énergie aujourd’hui ?
-
Comment vous sentez-vous aujourd’hui comparativement à votre état général ?
-
Avez-vous eu un traitement récemment ?
-
Avez-vous bien dormi ?
-
Y a-t-il eu des changements cette semaine ?
Chaque semaine peut être différente.
On ne refait pas nécessairement une anamnèse complète à chaque visite, mais on doit réévaluer l’état du jour.
3️⃣ Faut-il absolument un avis médical ?
Non, pas obligatoirement.
Mais :
✔ Si vous êtes incertain
✔ Si le cancer est avancé
✔ Si la situation est complexe
✔ Si le client semble fragile
→ Un avis médical peut être pertinent.
Cependant, un point crucial :
Un avis médical ne vous protège pas de votre responsabilité professionnelle.
Même avec une prescription, si vous causez un préjudice par manque de prudence, vous demeurez responsable.
L’avis médical ne remplace jamais votre jugement clinique.
4️⃣ Faut-il une formation en oncologie ?
De plus en plus d’écoles offrent des formations de 100 à 300 heures en oncomassage.
Important :
Ces formations n’enseignent généralement pas de nouvelles manœuvres révolutionnaires.
Elles enseignent :
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L’adaptation
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La compréhension des traitements
-
Les effets secondaires
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Les contre-indications
-
La modulation de pression
-
L’écoute clinique
Un thérapeute expérimenté ayant massé des centaines de clients développera naturellement une grande capacité d’adaptation.
Cependant :
Si vous ne vous sentez pas confiant,
Si vous êtes nerveux,
Si vous avez peur de mal faire,
👉 Il vaut mieux référer.
Votre inconfort est un indicateur important.
5️⃣ Peut-on masser tous les types de cancer ?
Il n’existe pas une réponse uniforme.
Un cancer de la peau traité depuis 5 ans sans complication n’est pas comparable à :
-
Une leucémie active
-
Un cancer métastatique
-
Une chimiothérapie intensive
-
Une radiothérapie récente
Chaque type de cancer et chaque phase de la maladie crée un contexte différent.
On parle donc d’une approche cas par cas.
6️⃣ Les comorbidités : l’élément souvent oublié
La majorité des clients atteints de cancer ont :
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Problèmes cardiaques
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Diabète
-
Hypertension
-
Troubles circulatoires
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Fragilité osseuse
-
Médication multiple
Le cancer n’est souvent qu’un élément parmi plusieurs.
Il faut évaluer l’ensemble.
7️⃣ La dimension émotionnelle
Le cancer apporte :
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Peur
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Incertitude
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Anxiété
-
Crainte de récidive
-
Sentiment de perte de contrôle
Le massothérapeute doit être sensible à cette réalité.
Le massage devient parfois :
-
Un espace sécuritaire
-
Un moment de contrôle retrouvé
-
Un lieu d’écoute
Ne pas reconnaître la dimension émotionnelle peut limiter la qualité de l’intervention.
8️⃣ Et en contexte de spa ?
En spa, le défi est réel :
-
10 à 15 minutes entre les clients
-
Peu de temps pour évaluer
-
Cadre plus commercial
Cela exige :
✔ Questions claires
✔ Évaluation rapide mais pertinente
✔ Documentation adéquate
✔ Adaptation immédiate
Si le contexte ne permet pas une évaluation adéquate,
il peut être plus prudent de référer.
9️⃣ Le mythe des deux ans après la rémission
Il n’existe pas de règle scientifique universelle imposant deux ans d’attente.
Cette règle était souvent enseignée par excès de prudence.
Aujourd’hui, on comprend que :
Ce n’est pas le nombre d’années qui compte,
mais l’état de la personne.
🔟 En résumé : peut-on masser un client atteint de cancer ?
La vraie réponse :
🟢 Parfois oui.
🔴 Parfois non.
🟡 Souvent, cela dépend.
Cela dépend :
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De votre compétence
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De votre expérience
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De votre niveau de confort
-
De l’état du client
-
Des comorbidités
-
De la phase des traitements
-
De votre capacité d’adaptation
Conclusion officielle de l’AQTN sur le sujet :
L’AQTN reconnaît que :
-
Le cancer n’est pas automatiquement une contre-indication absolue (en fait il l’est presque jamais absolue).
-
L’avis médical n’est pas obligatoire.
-
Le thérapeute demeure responsable, redevable et imputable de ses actes.
-
La prudence et l’adaptation sont essentielles.
-
La formation complémentaire en oncomassothérapie est fortement recommandée pour toute personne souhaitant intervenir régulièrement auprès de personnes atteintes de cancer. En plus de fournir les connaissances nécessaires pour adapter le toucher thérapeutique de manière sécuritaire, elle contribue également à assurer la conformité de la pratique aux exigences professionnelles.
Dans plusieurs cas, la couverture offerte par l’assureur en responsabilité professionnelle repose également sur les formations reconnues par l’association professionnelle. Celles-ci servent généralement de référence pour déterminer les types de soins pouvant être couverts par l’assurance responsabilité professionnelle (erreurs et omissions), dans le contexte de soins thérapeutiques encadrés par un code de déontologie et des standards de pratique.
-
Le référencement est une décision professionnelle valable et responsable.
En définitive, la question n’est pas :
« Suis-je autorisé ? »
Mais plutôt :
« Suis-je compétent et confortable pour intervenir dans cette situation précise avec le client dans son état actuel aujourd’hui ? »
C’est cette réflexion qui protège :
-
Le client
-
Le thérapeute
-
Et la profession
Si vous avez des questions spécifiques concernant un cas particulier, l’AQTN vous encourage à communiquer avec l’association afin d’obtenir un accompagnement adapté. De plus, l’AQTN propose à ses membres diverses publications, certaines qui datent de plus de 10 ans :
Quelques autres articles d’intérêt :
Protégez votre peau des rayons du soleil pour prévenir le cancer de la peau
Pour terminer cet article, afin de commencer immédiatement à en apprendre davantage, voici les ressources clés :
Autres Ressources :
- Élever les standards en oncomassothérapie : https://youtu.be/NmgMml-b5v8
- Ateliers de formations et conférences : https://www.jdg-
massotherapie.com/formations/ - Calendrier des événements : https://www.jdg-
massotherapie.com/evenements/ - Blogue (personne atteinte, proche aidant et clientèle standard en massothérapie) : https://www.jdg-
massotherapie.com/blog/
