Prise de sang et santé du cerveau : une piste pour mieux comprendre le risque de démence


Recherche · Santé du cerveau

Et si certains résultats sanguins pouvaient fournir des indices sur la santé future du cerveau? Une vaste étude explore le lien entre un marqueur d’inflammation et le risque de développer la maladie d’Alzheimer ou d’autres démences.

L’essentiel en quelques mots

Un rapport neutrophiles/lymphocytes plus élevé a été associé à un risque accru de démence dans deux grandes populations. Cette observation constitue une piste de recherche : elle ne permet pas, à elle seule, de poser un diagnostic ou de prédire l’avenir d’une personne.

Ce que les chercheurs ont observé

Publiée en avril 2026 dans la revue Alzheimer’s & Dementia, l’étude s’appuie sur les dossiers médicaux de près de 370 000 adultes de plus de 55 ans, issus de deux réseaux de soins américains : NYU Langone et la Veterans Health Administration. Aucun participant n’avait de diagnostic de démence au départ.

Dans les deux groupes, les chercheurs ont constaté une association entre un rapport neutrophiles/lymphocytes plus élevé et un diagnostic ultérieur de maladie d’Alzheimer ou d’autres démences. Cette association persistait après ajustement pour plusieurs facteurs démographiques et cliniques.

Qu’est-ce que le rapport neutrophiles/lymphocytes?

Les neutrophiles et les lymphocytes sont deux catégories de globules blancs qui participent aux défenses immunitaires. Leur rapport, souvent désigné par l’abréviation anglaise NLR, peut être calculé lorsque leurs numérations sont disponibles dans une formule sanguine avec différentiel.

Ce rapport fournit un indicateur indirect de l’inflammation dans l’organisme. Les chercheurs s’y intéressent pour mieux comprendre les liens entre le système immunitaire et le vieillissement cérébral.

Une association ne prouve pas une cause

L’étude est observationnelle. Elle ne démontre donc pas qu’un rapport élevé provoque une démence, ni que le faire diminuer permettrait de prévenir la maladie. Les chercheurs doivent encore déterminer si les neutrophiles contribuent directement à la progression de la maladie ou s’ils constituent surtout un marqueur de processus sous-jacents.

Comment interpréter cette nouvelle?

Une prise de sang courante ne devient pas pour autant un test de dépistage d’Alzheimer. Un résultat individuel doit être interprété par un professionnel médical en tenant compte de l’ensemble du contexte clinique.

Une piste à suivre

Cette recherche renforce l’intérêt scientifique pour les interactions entre l’inflammation et la santé du cerveau. D’autres études devront préciser l’utilité du NLR dans l’évaluation du risque et vérifier si les mécanismes en jeu peuvent devenir des cibles de prévention ou de traitement.

Sources et lecture complémentaire

Ce billet propose un résumé en français du sujet présenté sur Yahoo Santé, complété par la consultation de l’étude originale.

Lire l’article sur Yahoo Santé
Article de vulgarisation en anglais.

L’étude originale

Aperçu de la première page publiée dans Alzheimer’s & Dementia.

Première page de l’étude de He et coll. sur le rapport neutrophiles/lymphocytes et le risque de démence, publiée en 2026.

Première page en anglais · Cliquez sur l’image pour l’agrandir.

Consulter l’étude scientifique

Notice et liens vers le texte intégral sur PubMed · En anglais.

Référence : He et coll. (2026). Neutrophil inflammation metrics are associated with the risk of future dementia in large data from NYU Langone Hospitals and the Veterans Health Administration. Alzheimer’s & Dementia, 22, e71335. DOI : 10.1002/alz.71335.